Vallée de la Loire

Vins de la Loire

Long de 1 000 km, de sa source dans les monts d’Auvergne à son estuaire en Vendée, le vignoble de la Loire est de loin le plus étendu de France.

Les vins qui y sont produits sont issus d’une mosaïque de climats, de sols et de reliefs qui leur confèrent une grande typicité.

C’est dans ce vignoble que sont produits certains des vins les plus emblématiques de France tels que le Sancerre, le Saint-Pourçain, le Bourgueil ou encore le Pouilly-Fumé.


Véritable mine d’or pour les amateurs en quête de valeurs sûres, cette région est parfois déroutante par la quantité de ses vins. Nous avons donc sélectionné pour vous les meilleurs vins de chacune des appellations de ce vignoble d’exception !

Le vignoble de la Vallée de la Loire

Les vignes de la Loire côtoient les nombreux châteaux érigés sur les hauteurs dominant le plus long fleuve de France. C’est de loin l’un des vignobles parmi les plus chargés d’histoire, mais également un trésor de diversité. Long de près de 1 000 kilomètres, ce vignoble ne se limite pas au seul Val de Loire comme on pourrait le penser. Il s’agit en réalité d’une véritable mosaïque de terroirs et de reliefs traversant pas moins de 14 départements, du Puy-de-Dôme jusqu’en Vendée.

Les vins de la Loire connaissent un succès sans failles depuis le Xème siècle, aussi bien dans le Royaume de France qu’en Angleterre ! Avec telle diversité de climats, le vignoble ligérien produit des vins de toutes sortes : rouges, rosés, blancs secs, mousseurs et bien d’autres. De nombreux vignerons ont fortement contribué à forger la réputation du Val de Loire et à l’imposer comme un vignoble de haute volée. Les vins qui y sont produits se distinguent par une impressionnante finesse.



Les AOP du Val de Loire

La région de la Vallée de la Loire regroupe à elle seule près de 52 Appellation d’Origine Protégées (AOP). À savoir : Anjou, Ajou Villages, anjou Villages Brissac, Anjou-Coteaux de la Loire, Bonnezeaux, Bourgueil, Cabernet d’Anjou, Cabernet de Saumur, Châteaumeillant, Cheverny, Chinon, Côte roannaise, Coteaux d’Ancenis, Coteaux de l’Aubance, Coteaux de Saumur, Coteaux Giennois, Coteaux du Layon, Coteaux du Loir, Coteaux Vendômois, Côte d’Auvergne, Côtes du Forez, Cour-Cheverny, Crémant de Loire, Fiefs Vendéens, Gros Plants du Pays Nantais, Haut-Poitou, Jasnière, Menetou-Salon, Montlouis-sur-Loire, Muscadet, Muscadet Coteaux de la Loire, Muscadet Côtes de Granlieu, Muscadet Sèvre et Maine, Orléans, Orléans-Cléry, Pouilly-Fumé, Pouilly-sur-Loire, Quarts de Chaume, Quincy, Reuilly, Rosé d’Anjou, Rosé de Loire, Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Saint-Pourçain, Sancerre, Saumur, Saumur-Champigny, Savennières, Touraine, Touraine Noble Joué, Valençay,Vouvray.



Les IGP des vins de la Loire

Beaucoup moins nombreuses que les AOP, on en dénombre 8 à travers toute la région, à savoir : Calvados, Comtés Rhodaniens, Coteaux du Cher et de l’Arnon, Côtes de la Charité, Haute-Vienne, Puy-de-Dôme, Urfé et Val de Loire.



Les cépages utilisés dans les vins du Val de Loire

Les cépages qui composent le vignoble sont pour le vin rouge : le Cabernet Franc, le Gamay et le Grolleau. Pour le vin blanc : le Melon de Bourgogne, le Chenin et le Sauvignon.



Aux origines du vignoble de la Loire

Comme dans nombre de régions viticoles françaises, ce sont les romains qui semblent avoir introduit de façon massive la culture de la vigne dans le Val de Loire. Les premières traces d’un commerce de vin d’importance apparaissent chez les Éduens, tribu implantée dans l’actuelle Bourgogne. Cette culture et ce commerce, parfois au long cours, se développent au gré de la période jusqu’à subir un recul massif lors des Grandes Invasions Barbares des IVème et Vème siècle.


C’est en réalité l’avènement du christianisme qui sonne l’heure de gloire de la viticulture dans la région. La tradition attribuerait même l’implantion de la vigne en Touraine à Saint-Martin au IVème siècles.

Quoi qu’il en soit, les recensements ecclésiastiques établis après la chute de l’Empire romain d’Occident (476), prouvent que le vignoble est déjà très étendu de Saint-Pourçain à Angers. C’est le début d’une période qui entremêle intimement établissements religieux et vignobles selon un modèle qui n’est pas sans rappeler la Bourgogne. Au Vème siècle, Clovis fonde le monastère de Micy (Loire) dont les vins acquièrent très rapidement une très grande réputation. Grégoire de Tours (évêque de la ville éponyme et premier historien de l’Église de France) mentionne le premier la présence de vignes en Tourraine.

Pendant plus de 6 siècles, le vignoble de la Loire a connu une expansion et une notoriété encore jamais égalée. C’est à cette période que certains des plus grands noms du vignoble actuel font leur apparition. Ainsi, en 969, l’abbé de Cluny fait l’acquisition de vignes à Saint-Pourçain. Dès 1199, et sans doute bien avant cette date, les vins d’Anjou sont exportés en Angleterre. Les vins d’Anjou sont alors sur toutes les tables, de celles des évêques comme sur celle des princes de sang.


De son côté, le vignoble d’Orléans était également très développé et jouissait d’une belle reconnaissance. En 1148, Louis VII, roi de France, fait présent de vins de la Loire à l’évêque de Lisieux.

Bien qu’implanté au cœur du royaume de France, c’est la création du port de la Rochelle qui scellera la destinée des vins de la Loire. Achevé au XIIème siècle, ce port marchand devient alors le point de départ d’immenses quantités de vins à destination de l’Angleterre comme du reste du royaume de France ou de la Hollande. Le succès commercial est tel que nombre d’abbayes et de cathédrales se dotent de vignes afin de profiter de cette manne financière.

C’est également à cette période qu’apparaissent avec plus de précision des mentions de cépages. En 1203, une charte de Saint-Martin de Tours révèle l’existence du « plant auvergnat » appelé orléanais en Touraine. De son côté, le Cabernet France était déjà présent à Bourgueil, Saumur, Chinon et en Anjou à cette période.

Le XVIème siècle est incontestablement la période la plus glorieuse pour les vins de Loire. La démocratisation du transport de vin sur la Loire contribue à étendre leur exportation encouragée par l’alliance entre e royaume de France et le duché de Bretagne.

François Rabelais, contribuera largement à la réputation acquise par ces vins de la Loire. Il fait l’éloge à de très nombreuses reprises du cépage breton (Cabernet Franc) rentrant dans l’élaboration des vins de Chinon, Bourgueil et des vins blancs d’Anjou.

Seules les Guerres de Religion seront capables de mettre un frein au développement effréné du vignoble de la Loire.


Il faut attendre le XVIIème siècle pour voir se produire une nouvelle révolution dans le paysage viticole français. À cette période les Hollandais dominent de très loin le commerce maritime. Grands marins et encore plus commerçants, ils cherchent à adapter les vins aux goûts de leurs clients et plus encore, à allonger leur longévité, facilitant d’autant leur transport sur de grandes distances. Fort de leur expérience en la matière, ils cherchent à développer des vins à plus fortes teneurs en alcool et en sucre, conditions indispensables pour la préservation du vin. C’est ainsi que l’on voit apparaitre au début du siècle les premiers plants de vignes « botrysées » à Sauternes et à Monbazillac. Celles-ci vont permettre de produire du vin blanc doux. Disposant d’un important comptoir à Nantes, il probable que les Hollandais importèrent cette technique en Touraine et en Anjou en l’adaptant au Chenin Blanc. C’est la naissance des vins blancs doux de la Vallée de la Loire : Coteaux de l’Aubance, Coteaux du Layon,… Ces vins innovants pour l’époque n’avaient pas encore atteint la technicité qu’on leur connaît aujourd’hui. Il s’agissait de vins de la Loire simples, élaborés rapidement pour répondre efficacement à une demande croissante.

C’est à cette même période que le vignoble d’Orléans, tant apprécié au Moyen Âge, connut un déclin brutal. Du fait de sa proximité avec Paris, renforcée par le percement du canal de Briare en 1642, ce vignoble fournissait l’essentiel des vins de la capitale. Cette proximité alliée à une explosion démographique entraina une augmentation drastique de la production de vin dans la région, au détriment de la qualité. Le vignoble de l’orléanais ne se remit jamais de cette chute de qualité associée à la concurrence des vignobles parisiens. La chute fut elle, qu’au XVIIIème siècle Orléans devint la capitale… du vinaigre !


Comme le reste des vignobles français, la Loire fut durement touchée par le mildiou et le phylloxera. La concurrence acharnée du Languedoc et de ses vins populaires produits en quantité posa de nombreux problèmes aux vins de la Loire qui peine à trouver leur place sur le marché français en cette première moitié du XXème siècle.


En 1936, les vins de Sancerre, Muscadet, Quincy et Vouvray sont reconnus comme Appellations d’Origine Contrôlée (AOP), suivis quelques années plus tard par les vins d’Anjou et de Saumur.

L’année 2000 marque la consécration pour la Vallée de la Loire qui est classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Cette distinction vient reconnaître l’exceptionnelle richesse culturelle, architecturale, géographique et gastronomique de la Vallée de la Loire.